Le 11 et 12 mars s'est tenu
le colloque AAA à l'Ecole régionale des beaux-arts de Valence. Un évènement très riche qui s'accompagne jusqu'au 16 avril d'une exposition des travaux de certains graphistes-conférenciers au
Lux, scène nationale de Valence.
Petit résumé subjectif. Parmi les intervenants et dans l'ordre de passage, nous avons eu droit à :
Mercredi 11, après une matinée introductive et 'universitaire', puis un buffet libanais,modérateur : Jean-Marie Courant, graphiste.Catherine de Smet, historienne de l'art et critique. Elle nous a fait un petit diaporama à propos des signatures des graphistes (énumération non-exhaustive des manières de signer). Une intervention tout à fait creuse qui a eu le mérite de ne pas solliciter notre intelligence pendant la digestion.
Armand Mevis du studio Mevis & Van Deursen, Amsterdam. Présentant notamment des catalogues d'exposition, Mevis nous a montré une cascade d'expérimentations imprimées, des livres singuliers où le lecteur ne peut qu'être surpris. Les yeux gourmands auront été charmés.
Philippe Millot (S P Millot). Une démonstration d'intelligence liée avec une pincée de cynisme ont séduit l'amphithéatre entier: avec sa perfection typographique, ses trouvailles admirables et sa relation au commanditaire, le travail de Philippe et son 'show' subtil méritent les honneurs.
Laurent Fétis. Comment passer après l'excellence? Et bien Fétis n'est pas passé, il est resté en travers de la gorge. Nonchalance ou non-intelligence, 'désuet' comme il le dit lui-même, les livres qu'il nous a montré (comme la monstration) se sont révélés très ennuyeux.
Jeudi 12, matin
modérateur : Jérôme Delormas, directeur du Lux et précedemment de La Ferme du Buisson.
Max Bruinsma, critique indépendant. Bof.
André Baldinger et son commanditaire Laurent Gutmann, directeur du Centre dramatique de Thionville-Lorraine, ont présenté l'identité et les affiches du Centre. Sacré André, voilà les dégradés, les jeux symboliques et typographiques, tout n'est pas convainquant mais on imagine que ces couleurs doivent aller à ravire à la Lorraine.
Vier 5 (Marco Fiedler et Achim Reichert) et leur commanditaire Pierre Bal-Blanc, directeur du Centre d'art contemporain de Brétigny. Positionnés comme 'artistes', Vier 5 opte pour une position radicale où la lisibilité passe après leur liberté, où la forme ne cherche pas à faire sens. Ce qui convient très bien à P. Bal-Blanc qui leur donne pleine confiance.
Gerard Unger, typographe hollandais. Il a abordé la création du
Capitolium, initialement prévu pour la signalétique du jubilée de l'an 2000 au Vatican. La rigueur et la finesse de ce projet a impréssionné, Unger peut être apprécié comme un typographe 'modèle'.
Jeudi 12, après-midi
modérateur : Luc Dall'Armellina, enseignant.
Madeleine Aktypi, écrivain, cinéaste et théoricienne des médias. J'ai dormi.
Lucas de Groot, typographe hollandais. Cet homme est fou (fou-génial). Les amateurs de typographie doivent, dès maintenant, se munir d'idôles à son honneur.
George Legrady, professeur des médias intéractifs à Santa Barbara (Californie). J'avoue que n'étant pas un accroc de 'la visualisation de bases de données', cette intervention m'a paru bien longue en plus de rentrer tardivement dans le vif du sujet.
Jeudi 12, conclusion ouvertePierre-Damien Huyghe, philosophe et professeur à la Sorbonne. Cette intervention d'un intellectuel abordant les liens entre design et société était très nourissante. Malheureuseument pour notre homme et nous-mêmes, les auditeurs étaient très fatigués de ces deux jours très (trop?) denses. Huygue pose et répond à la question :
"Aujourd'hui, étant donné l'industrie actuelle, l'esthétique industrielle est-elle possible et est-elle profitable pour Nous?" Sa réponse (sa thèse) laisse penseur.
Pour résumer ce colloque, je me dirais impréssionné par les moyens mis en oeuvre: quantité et qualité des intervenants, gratuité de l'évènement et très bon acceuil. Si on feme les yeux sur les quelques intervenants somnifères et l'impossibilité d'ouvrir de réelle tables rondes ouvertes aux questions (faute de temps), il reste un panorama très riche et optimiste de la création graphique (dans l'édition et la typographie notamment). C'est étonnant de voir que l'évènement ait été oublié par la presse (semble-t'il) et par les professionnels.
Cette école de Valence est agréablement surprenante.
Remerciements
à Alex(andru) et Xavier (et un peu aussi Emilie) qui m'ont motivé à les suivre, à Annick Lantenois (initiatrice de la manifestation) et à toutes les personnes qui ont participé à organiser ces deux jours, aux parents de Xavier pour leur acceuil, à Patrick, Pierre et Tom pour m'avoir laissé une place dans la voiture.
Hey Adrien, c'était juste pour dire que ça s'est en effet passé comme tu l'as dit. See ya!
Internet revenons-en n'est à ce titre plus vraiment 'alternatif', on voit bien que nous sommes très nombreux à suivre l'actualité du graphisme grâce aux nombreux blogs. Je regrette, pour ma part, que ces blogs soient encore très souvent dans la consensualité et dans la simple reproduction d'information.
Appel à la nouvelle génération à garder les yeux ouverts pour mieux ouvrir sa bouche!!!!!!!!
Sinon Adrien je suis bien d'accord, le graphisme en france manque cruellement de critiques l'aidant à s'interroger (ce qui a peut être participer un petit peu au retard français, enfin ça se reveil). En angleterre Eye (par exemple) a depuis longtemps fait ce travail. Par contre, est ce que des rédacteurs eux-même graphistes peuvent jouer les critiques ?
Des gens plus exterieur, comme Catherine de Smet me semblent plus indiqué, même si son discours sent l'historienne, c'est un début!
Sinon pour AAA, ton récit est effectivement assez juste. Mais t'es un peu dur avec Baldinger. (bon ok je suis pas objectif)
Ensuite en parlant avec Gérard Plénacoste (qui bosse pas mal dans la muséographie et la signalétique) on s'aperçoie que nos graphistes 'stars' ont le privilège de travailler dans de telles niches, avec des commanditaires ouverts et peu nombreux d'un seul coup (à la différence de groose institution type Beaubourg par ex.), que le graphiste peut-être en mesure de donner une réplique libérée.
GG pourra certainement étayer cela ; )
Mais que fait la galanterie???
Et deuxième message de fille : Lucas, mon Groogroonet, je t'aime! Tu es le Bruce Wayne de la typographie.