Lundi 2 avril 2007

Le 11 et 12 mars s'est tenu le colloque AAA à l'Ecole régionale des beaux-arts de Valence. Un évènement très riche qui s'accompagne jusqu'au 16 avril d'une exposition des travaux de certains graphistes-conférenciers au Lux, scène nationale de Valence.

Petit résumé subjectif. Parmi les intervenants et dans l'ordre de passage, nous avons eu droit à :

Mercredi 11, après une matinée introductive et 'universitaire', puis un buffet libanais,
modérateur : Jean-Marie Courant, graphiste.
Catherine de Smet, historienne de l'art et critique. Elle nous a fait un petit diaporama à propos des signatures des graphistes (énumération non-exhaustive des manières de signer). Une intervention tout à fait creuse qui a eu le mérite de ne pas solliciter notre intelligence pendant la digestion.
Armand Mevis du studio Mevis & Van Deursen, Amsterdam. Présentant notamment des catalogues d'exposition, Mevis nous a montré une cascade d'expérimentations imprimées, des livres singuliers où le lecteur ne peut qu'être surpris. Les yeux gourmands auront été charmés.
Philippe Millot (S P Millot). Une démonstration d'intelligence liée avec une pincée de cynisme ont séduit l'amphithéatre entier: avec sa perfection typographique, ses trouvailles admirables et sa relation au commanditaire, le travail de Philippe et son 'show' subtil méritent les honneurs.
Laurent Fétis. Comment passer après l'excellence? Et bien Fétis n'est pas passé, il est resté en travers de la gorge. Nonchalance ou non-intelligence, 'désuet' comme il le dit lui-même, les livres qu'il nous a montré (comme la monstration) se sont révélés très ennuyeux.

Jeudi 12, matin
modérateur : Jérôme Delormas, directeur du Lux et précedemment de La Ferme du Buisson.
Max Bruinsma, critique indépendant. Bof.
André Baldinger et son commanditaire Laurent Gutmann, directeur du Centre dramatique de Thionville-Lorraine, ont présenté l'identité et les affiches du Centre. Sacré André, voilà les dégradés, les jeux symboliques et typographiques, tout n'est pas convainquant mais on imagine que ces couleurs doivent aller à ravire à la Lorraine.
Vier 5 (Marco Fiedler et Achim Reichert) et leur commanditaire Pierre Bal-Blanc, directeur du Centre d'art contemporain de Brétigny. Positionnés comme 'artistes', Vier 5 opte pour une position radicale où la lisibilité passe après leur liberté, où la forme ne cherche pas à faire sens. Ce qui convient très bien à P. Bal-Blanc qui leur donne pleine confiance.
Gerard Unger, typographe hollandais. Il a abordé la création du Capitolium, initialement prévu pour la signalétique du jubilée de l'an 2000 au Vatican. La rigueur et la finesse de ce projet a impréssionné, Unger peut être apprécié comme un typographe 'modèle'.

Jeudi 12, après-midi
modérateur : Luc Dall'Armellina, enseignant.
Madeleine Aktypi, écrivain, cinéaste et théoricienne des médias. J'ai dormi.
Lucas de Groot, typographe hollandais. Cet homme est fou (fou-génial). Les amateurs de typographie doivent, dès maintenant, se munir d'idôles à son honneur.
George Legrady, professeur des médias intéractifs à Santa Barbara (Californie). J'avoue que n'étant pas un accroc de 'la visualisation de bases de données', cette intervention m'a paru bien longue en plus de rentrer tardivement dans le vif du sujet.

Jeudi 12, conclusion ouverte
Pierre-Damien Huyghe, philosophe et professeur à la Sorbonne. Cette intervention d'un intellectuel abordant les liens entre design et société était très nourissante. Malheureuseument pour notre homme et nous-mêmes, les auditeurs étaient très fatigués de ces deux jours très (trop?) denses. Huygue pose et répond à la question : "Aujourd'hui, étant donné l'industrie actuelle, l'esthétique industrielle est-elle possible et est-elle profitable pour Nous?" Sa réponse (sa thèse) laisse penseur.

Pour résumer ce colloque, je me dirais impréssionné par les moyens mis en oeuvre: quantité et qualité des intervenants, gratuité de l'évènement et très bon acceuil. Si on feme les yeux sur les quelques intervenants somnifères et l'impossibilité d'ouvrir de réelle tables rondes ouvertes aux questions (faute de temps), il reste un panorama très riche et optimiste de la création graphique (dans l'édition et la typographie notamment). C'est étonnant de voir que l'évènement ait été oublié par la presse (semble-t'il) et par les professionnels.
Cette école de Valence est agréablement surprenante.


Remerciements
à Alex(andru) et Xavier (et un peu aussi Emilie) qui m'ont motivé à les suivre, à Annick Lantenois (initiatrice de la manifestation) et à toutes les personnes qui ont participé à organiser ces deux jours, aux parents de Xavier pour leur acceuil, à Patrick, Pierre et Tom pour m'avoir laissé une place dans la voiture.
Par Zammit - Publié dans : Graphisme (liens)
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Commentaires

Hey Adrien, c'était juste pour dire que ça s'est en effet passé comme tu l'as dit. See ya!

Commentaire n° 1 posté par alexandru! le 03/04/2007 à 00h43
J'imagine que tout les deux, comme beaucoup d'autres personnes présentes, avions les mêmes attentes et le même niveau d'exigence!
Commentaire n° 2 posté par Adrien le 03/04/2007 à 07h31
Je reste toujours assez abasourdi par la non présence de la presse dite spécialisée. Comment se revendiquer porteurs d'actualité en 'zappant' (volontairement ou non) ce genre d'évènement si rare en France. Preuve une fois encore que la France est encore et toujours bercée par cette incapacité à la solidarité (je parle ici du graphisme). Comment alors parlé d'identité si le concept même de soutien et de diffusion n'éxiste pas. Appel à la nouvelle genération!!!!!!!!!!S.O.S
Commentaire n° 3 posté par Patrick² le 03/04/2007 à 10h06
Internet offre quand même une très forte alternative à la presse papier qui nous le montre encore une fois, est un peu en queue de wagon. Etapes graphique finira comme d'autres revues (internationales) comme catalogue de tendance à profit des agences de publicité. Je suis un peu cynique, j'imagine qu'Etapes reste plein de bonnes intentions mais s'est juste fait dépassé par Internet.
Internet revenons-en n'est à ce titre plus vraiment 'alternatif', on voit bien que nous sommes très nombreux à suivre l'actualité du graphisme grâce aux nombreux blogs. Je regrette, pour ma part, que ces blogs soient encore très souvent dans la consensualité et dans la simple reproduction d'information.
Appel à la nouvelle génération à garder les yeux ouverts pour mieux ouvrir sa bouche!!!!!!!!
Commentaire n° 4 posté par Adrien le 03/04/2007 à 11h06
Je suis d'accord mais tout dire sur un blog reste un exercice fort difficile, je prend pour exemple une expérience personnelle avec le blog de Peter Gabor. Un blog fort interressant mais avec lequel j'ai très vite decroché lorsque maitre Gabor s'est mis à donner son avis, avis discutable bien souvent  laissant malgré tout de large ouverture aux débats. Le blog reste un outil difficile à s'approprier pour la discussion dite 'de fond', rien ne vaut la parole selon moi. 15 minutes pour écrire ce post... En 30 minutes à Valence nous en avions déjà dis beaucoup plus... A choisir!!
Commentaire n° 5 posté par Patrick² le 03/04/2007 à 12h08
Moi j'ai trouvé Laurent Fétis très intéressant.
Commentaire n° 6 posté par gg le 03/04/2007 à 23h12
Pfff Quoi ? Comment gg à t-il pu trouver Fetis très intéressant ? "là une page, là des photos, là de l'AvantGarde, là un truc désuet" Super!

Sinon Adrien je suis bien d'accord, le graphisme en france manque cruellement de critiques l'aidant à s'interroger (ce qui a peut être participer un petit peu au retard français, enfin ça se reveil). En angleterre Eye (par exemple) a depuis longtemps fait ce travail. Par contre, est ce que des rédacteurs eux-même graphistes peuvent jouer les critiques ?
Des gens plus exterieur, comme Catherine de Smet me semblent plus indiqué, même si son discours sent l'historienne, c'est un début!

Sinon pour AAA, ton récit est effectivement assez juste. Mais t'es un peu dur avec Baldinger. (bon ok je suis pas objectif)
Commentaire n° 7 posté par XavYeah! le 05/04/2007 à 00h39
Petite précision mon Xavier, sauf erreur GG n'était pas présent à Valence ni dans le lit du président au moment du colloque.

Ensuite en parlant avec Gérard Plénacoste (qui bosse pas mal dans la muséographie et la signalétique) on s'aperçoie que nos graphistes 'stars' ont le privilège de travailler dans de telles niches, avec des commanditaires ouverts et peu nombreux d'un seul coup (à la différence de groose institution type Beaubourg par ex.), que le graphiste peut-être en mesure de donner une réplique libérée.
GG pourra certainement étayer cela ; )
Commentaire n° 8 posté par Adrien le 05/04/2007 à 10h03
Ok ok, je comprends bien, mais ça n'excuse tout. Enfin bon, fallait pas qu'il passe après Millot.
Commentaire n° 9 posté par XavYeah! le 05/04/2007 à 14h59
"Alex(andru), Xavier et Emilie"
Mais que fait la galanterie???

Et deuxième message de fille : Lucas, mon Groogroonet, je t'aime! Tu es le Bruce Wayne de la typographie.
Commentaire n° 10 posté par Emilie le 05/04/2007 à 18h19
C'est bon Emilie, c'est corrigé.
Commentaire n° 11 posté par Adrien le 06/04/2007 à 10h13
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